Le service vigilant de prédical

Découvrons le Service Vigilant de Prédical, un système de prévention des chutes

Le Service Vigilant de Prédical est un système de télé-assistance de dernière génération. Il analyse les routines des personnes, détecte les anomalies et anticipe la perte d’autonomie. Interview de Stéphane Moriaud, co-fondateur de Prédical.

Le Service Vigilant de Prédical préfigure ce que pourraient devenir les systèmes de téléassistance. Cette technologie qui existe depuis des décennies est plus connue du public sous le nom de bouton d’alerte. On porte le bouton en collier ou en bracelet et on le déclenche en cas de chute pour demander de l’aide. Ce système a le mérite de limiter les dégâts occasionnés par une chute. Son principal inconvénient est d’être seulement curatif. Plusieurs opérateurs de téléassistance cherchent à prévenir les chutes en anticipant les faits générateurs. C’est l’objectif de Prédical. Le co-fondateur de cette jeune start-up nous présente son produit : le Service Vigilant.

Bonjour Stéphane, pour commencer, peux-tu nous raconter ton histoire et ce qui t’a conduit à fonder Prédical ?

Stéphane Moriaud : Comme très souvent dans le secteur de l’aide aux personnes âgées, mon vécu personnel m’a donné l’impulsion. Mes parents vieillissent, j’habite loin d’eux, ils veulent rester dans leur maison le plus longtemps possible. Je veux les aider mais aussi apporter une solution aux 90% de personnes âgées qui veulent vivre à domicile.
Venant d’un environnement technique, j’ai été témoin privilégié de l’essor des objets connectés. J’ai réfléchi à une solution technologique qui contribue au maintien à domicile. Je me suis intéressé à la télé-assistance car c’est un domaine où la révolution numérique ne s’est pas faite.

Comment avez-vous conçu le service Vigilant de Prédical ?

Mon associé et moi, nous avons commencé à réfléchir à cela en 2015. Nous voulions faire un système de prévention. Actuellement, la demande d’équipement de téléassistance est formulée par les aidants après une chute ou une sortie d’hospitalisation. Mais si l’on agit en amont, si l’on est capable d’anticiper les difficultés et d’y apporter des solutions préventives, on peut retarder le problème et éviter d’avoir à agir dans l’urgence.

Partant de ce constat, nous avons lancé nos recherches avec l’aide du CNRS. Nous avons installé des capteurs dans des logements de personnes âgées pour apprendre leurs modes de vie. Pendant un an et demi nous avons collecté des données et travaillé sur les algorithmes de routine des résidents.

Ces travaux de recherche nous ont appris qu’on peut modéliser des routines et détecter les anomalies de comportement. C’est la base du service Vigilant de Prédical. Nous avons donc fait une première levée de capital sur des amis et des proches afin de développer un prototype que nous commercialisons depuis début 2018. Au cours de nos travaux exploratoires, nous avons constaté que l’acte d’achat est guidé par un souci de réaction : les proches aidants veulent être sûr que le parent pourra appeler au secours en cas de problème. La prévention n’est pas un motif suffisant pour les décider à adopter le service Vigilant de Prédical. Nous y avons donc intégré un bouton d’appel d’urgence et passé un accord avec Assystel pour la prise en charge des appels d’urgence et l’intervention à domicile quand c’est nécessaire.

Le service Vigilant de Prédical permet de faire de la la prévention grâce à l’apprentissage du mode de vie. Elle est également utile pour gérer les chutes et activer le réseau d’aide. Enfin, elle permet de rassurer les proches et de les tenir informés.

Comment fonctionne le volet préventif du service Vigilant de Prédical ?

Nous avons quatre indicateurs de prévention. Ils correspondent à quatre activités de la vie courante :

  1. Le sommeil : On observe les plages de repos et les anomalies. C’est une mesure capitale car le manque de repos peut accroître le risque de chute.
  2. Les repas : On observe l’utilisation de la cuisine, l’ouverture de la porte du frigo. Une personne qui commence à moins s’alimenter, cela provoque une faiblesse qui accroît le risque de chute. Si les repas se décalent pendant la nuit, peut-être qu’il y a un cycle de maladie neuro-dégénérative qu’on peut détecter pour mettre en place les bonnes actions. C’est une mesure essentielle car un proche ne peut pas faire ce type de constat s’il vit loin de son parent âgé.
  3. Le lien social : est-ce que la personne sort, est-ce qu’elle a des visites ?
  4. L’activité à l’intérieur du logement : Comment la personne se déplace et bouge dans son appartement. Cet indicateur permet notamment de détecter les symptômes dépressifs. Les personnes en dépressions se lèvent, vont dans la cuisine et y passent 3 ou 4 heures sans rien faire.

Le service Vigilant de Prédical

Le service Vigilant de Prédical
Vue des données sur l’activité, le sommeil, l’alimentation et les sorties ainsi que l’évolution. Ces indicateurs aident à comprendre les anomalies
En suivant ces indicateurs sur des cycles de plusieurs mois nous savons détecter une dégradation lente ou toute anomalie révélatrice d’un changement dans les routines.

Par exemple, nous avons une cliente qui est partie en voyage et s’est blessée. Elle s’est bloqué le dos en portant sa valise. Nous avons remarqué qu’elle n’utilisait plus sa chambre car elle dormait dans une autre pièce où il y a la télé et qu’elle ne sortait plus. On l’a appelée pour lui demandait comment elle se portait. Elle s’est sentie rassurée qu’on détecte une anomalie et qu’on la contacte pour voir que tout allait bien.

Nous travaillons avec une autre cliente qui se posait des questions sur la qualité de son sommeil. Elle avait la sensation de moins dormir. Nous lui avons communiqué des informations factuelles : à quelle heure elle s’endort, à quelle heure elle se lève, est-ce que son sommeil est fragmenté. Actuellement elle est convaincue de faire de l’apnée du sommeil. Ce n’est pas quelque chos qu’on peut détecter avec des capteurs de mouvement uniquement. Elle a rendez-vous ce mois-ci à l’hôpital pour faire une analyse complète. Si elle décide de s’équiper d’un appareil qui permet de lutter contre l’apnée du sommeil, on va pouvoir constater grâce aux indicateurs si il y a une amélioration de son sommeil ou pas.

Peux-tu nous expliquer comment fait le service Vigilant de Prédical pour analyser les mouvements. Par exemple pour la cuisine : comment savez-vous que la personne s’alimente ?

On se base sur l’ouverture de porte du frigo. A partir d’un capteur installé dans le frigo, nous savons quand la personne va manger : elle va ouvrir le frigo, elle va cuisiner, s’alimenter, y remettre ses restes à la fin de son repas. On peut ajouter des mesures à travers un verre connecté pour savoir si la personne s’hydrate, une autre problématique liée à l’âge. Nous travaillons aussi sur l’utilisation des appareils électriques avec EDF et d’autres sociétés.

Comment utilisez-vous les données collectées par le service Vigilant de Prédical ?

Nous restituons les résultats au bénéficiaire. Il est acteur de son autonomie. Il choisit à qui il veut donner accès. En règle général il le donne à ses enfants qui accèdent à des informations sur une application. On adresse également un rapport au bénéficiaire : c’est un courrier qui analyse les variations ou l’absence de variation et donne les explications liées à l’activité du mois. On l’envoie par voie électronique à ceux qui sont connectés et par courrier papier aux autres. Une fois le rapport reçu, on appelle chaque bénéficiaire tous les mois pour débriefer avec eux, faire un point sur les anomalies, les pièces inoccupées, l’absence de sorties.

On n’a pas voulu suivre le chemin emprunté par certains de nos confrères consistant à adresser des alertes aux proches si la salle de bains n’a pas été utilisée trois fois dans la semaine ou si la personne n’est pas levée à 10 heure. On se rend compte que cela n’intéresse pas vraiment l’aidant, surtout s’il habite loin. Ce qui intéresse les proches, plus que les données sur l’application, c’est l’appel sans limite de temps (contrairement à la Poste avec le service “Veiller sur mes parents” où les appels durent seulement six minutes).

On se rend compte que le proche est souvent angoissé par son rôle d’aidant. Il a envie que quelqu’un s’occupe de son parent et d’être seulement alerté s’il y a quelque chose de grave. On notifie le proche sur les événements où il n’y a aucune urgence. Par exemple si on constate une variation de l’autonomie de la personne le proche est notifié sur son téléphone. Il peut se connecter sur l’application, nous appeler, entamer un dialogue avec son parent : “je remarque que tu dors de moins en moins bien, depuis une semaine tu sors plus, qu’est-ce qu’il se passe ?”

Que pensent vos clients de ce contact téléphonique mensuel ?

Cette étape est centrale dans notre offre. C’est à ce moment là que nous apportons une vraie valeur ajoutée pour nos clients. Si je reprends le cas de la cliente qui avait des problèmes de sommeil, nous l’avons convaincue de consulter un médecin. Seule, elle ne s’y était pas résolue. Ce moment d’échange nous permet également d’informer les clients sur les dispositifs locaux. Il y a beaucoup de choses qui sont faites pour lutter contre l’isolement et aider les personnes, les occuper. Mais ces dispositifs sont méconnus et les personnes isolées sont rarement informées des possibilités.

Qui vous contacte pour l’installation d’un dispositif, la personne âgée ou son proche aidant ?

C’est le proche quand il y a une première chute, une sortie d’hospitalisation. Il cherche une solution pour ses parents. Toutes les personnes qui nous appellent cherchent :

  • Un système de télé-assistance,
  • Une aide pour adapter son domicile,
  • Un service à la personne pour aider au lever et coucher,
  • une aide au repas.

C’est le proche qui choisit. Il nous consulte autant pour l’équipement que pour savoir comment convaincre son parent de s’équiper. Le détecteur de mouvement est perçu comme un système intrusif. Pourtant, ces inquiétudes disparaissent après l’installation. Les personnes âgées comprennent qu’elles doivent faire un compromis entre la liberté et la sécurité. « Je prends ça pour être plus en sécurité, ce n’est pas intrusif ». Etre intrusif c’est faire quelque chose quand la personne ne l’a pas accepté. Là, elle est au courant.

Quel est l’âge moyen des personnes âgées que vous équipez ?

En moyenne, idéalement on aimerait équiper les personnes âgées à partir de 75 ans, pour que la prévention soit efficace. Mais la réalité de la télé assistance, c’est que les gens s’équipent après 80 ans. La personne se dit qu’en s’équipant, elle franchit une étape dans sa vie.

Comment est-ce que vous déterminez à quel endroit du domicile vous allez disposer les capteurs de mouvement ?

Nous devons faire l’installation qui permettra de réaliser nos quatre mesures préventives (sommeil, alimentation, vie sociale, déplacements). On va donc équiper les pièces essentielles. Ce qui est très important c’est de disposer les capteurs à des endroits où on pourra recueillir les meilleures mesures.

Nous commençons avec des indicateurs simples, des données limitées. Nous voulons faire quelque chose d’utile dans la prévention, y compris pour des gens qui n’ont pas les moyens d’acheter beaucoup de capteurs. Nous savons que d’ici quatre ou cinq ans, quand la domotique sera plus courante, il sera plus facile et moins coûteux de mettre des capteurs partout. Aujourd’hui, ce n’est pas entré dans les mœurs. Nous installons donc un nombre de capteurs minimum pour mesurer les métriques essentielles à notre suivi.

A quoi ressemble un capteur de mouvement ?

Ce sont les mêmes capteurs que pour les alarmes sauf qu’ils sont réglés différemment. L’alarme observe l’inactivité là tandis que nous observons l’activité.

Qui fait l’installation ?

Nous faisons l’installation nous-même car c’est la première étape de notre relation avec les clients. Le premier rendez-vous, c’est l’occasion d’avoir un dialogue avec notre client, d’avoir ce premier lien avec lui. Lui parler, comprendre ses habitudes de vie et créer les bonnes conditions pour poursuivre ce dialogue tous les mois. Pour Prédical, l’installation n’est pas juste un acte technique, c’est avant tout un moyen de créer un lien humain avec notre client. Nous nous concevons vraiment comme un service humain et pas un service technologique qui se contenterait d’envoyer des alertes sur le téléphone du proche.

le service Vigilant de Prédical ne fonctionne que pour les personnes seules, pourquoi avez-vous fait ce choix ?

On se focalise sur les personnes qui vivent seules où il y a un besoin important. Nous pensons que la problématique est surtout sur les personnes qui vivent seules car si elles tombent, personne ne peut les aider. Toutefois, nous avons découvert une utilisation alternative du service Vigilant de Prédical : Les proches l’utilisent également pour vérifier que les aidants professionnels sont ponctuels.

Quand la personne fait une chute, qui reçoit l’alerte ?

Sur les appels d’urgence nous nous sommes rendu compte que les proches ne veulent pas être réveillés la nuit. C’est très stressant et 50% des appels sont de fausses alertes. La personne âgée a appelé, elle s’est trompée. Il y a 5% des appels qui sont vraiment d’ordre médical. En cas de problème, Assystel déclenche son réseau d’intervention. Sur un appel d’urgence c’est important que la personne puisse parler à un professionnel. Ils sont formés à l’écoute. Ils sont capables de faire un vrai diagnostic et enclencher une intervention si c’est nécessaire.

A quoi sert l’application ? Et qui l’utilise ?

L’application est surtout utilisée par les proches. Ils y trouvent :

  1. Un tableau de bord synthétique pour le proche qui permet de voir les alarmes et la façon dont elles sont traitées par le plateau de télé assistance.
  2. Des informations sur le logement de la personne, sur la température extérieure, intérieure, sur les périodes de grand froid et de canicule, de voir si les pièces ne sont pas sur ou sous chauffées.
  3. Il y a des indications qui permettent d’être rassuré et éviter de faire des appels de contrôle chaque jour ou plusieurs fois par jour. Pour éviter que la relation aidant / aidé se limite à du contrôle.
  4. Il y a toute une partie actimétrie : des indicateurs sur l’activité de la personne, sur les tendances consolidées, les moyennes : sorties, sommeil, utilisation des pièces. Evolution de l’utilisation des pièces.
  5. Le module de prévention qui permet de voir les tendances lentes, les variations notables sur le comportement de la personne.
  6. Enfin, la gestion des alarmes : le suivi des appels du plateau de télé-assistance et de nos appels mensuels pour lesquels on fait un compte rendu que le proche peut consulter.
Le service Vigilant de Prédical
La page d’accueil de l’application du Service Vigilant de Prédical offre une vue synthétique du logement, de son résident et des alertes éventuelles.

Quelles relations entretenez-vous avec les télé-assisteurs ?

A l’usage, nous avons réalisé que nous ne sommes pas concurrents avec les télé assisteurs. Nos solutions sont complémentaires.

Où êtes vous déployé aujourd’hui ?

Nous vendons sur toute la France. Nous ne voulons pas nous restreindre à une région. Nous sommes principalement déployés sur l’Aisne (02), on a fait des projets avec le département et sur la région Ile-de-France car on peut visiter plus facilement les personnes. Une partie de nos collaborateurs est dans la région de Toulouse donc on équipe dans la Haute-Garonne et le Gers plus facilement car cela nous permet d’avoir un lien avec les bénéficiaires.

Quelle est la taille du marché français ?

En France 500 000 personnes ont de la télé-assistance. Sur les 500 000 personnes il y a environ 25% nouveaux utilisateurs chaque année, donc 125 000 personnes. Les personnes n’utilisent plus leur solution car elles ne peuvent plus se maintenir à domicile : elles rentrent en EHPAD ou décèdent.
Les solutions actives comme le service Vigilant de Prédical, c’est un pourcentage de ces 125 000.

Avez-vous identifié des leviers pour faire bouger les mentalités ?

Nous pensons qu’il serait bien que les pouvoirs publics imposent une solution préventive pour éviter de traiter la chute. Pour faire une analogie, les ceintures de sécurité sont devenues vraiment efficace quand on les a rendues obligatoires. On a fait un atelier sur la prévention primaire au CNAM il y a deux semaines et le constat en France c’est qu’on a un système de soins qui est très efficace et bien couvert : on est pas dans des systèmes comme aux US où l’hospitalisation coûte cher. Ici la prévention primaire pour éviter que quelque chose arrive est assez faible. Les gens prennent le risque.

Des sociétés comme Prédical, ne peuvent pas attendre que les pouvoirs publics se décident. On passe beaucoup de temps à discuter avec les acteurs publics, comme les départements pour faire connaître des solutions telles que les nôtres. C’est pour ça qu’on voit nos différents confrères pas comme des concurrents parce qu’il y a de la place pour tous. Chaque action de communication faite par un confrère profite à tout l’écosystème. On a un de nos confrères qui est parti avec Macron en Chine, justement pour équiper une ville, ça a fait un énorme buzz sur ces solutions de télé-assistance.

C’est un travail commun de communication et d’éducation du public. Toutes ces solutions sont complémentaires. On communique tous ensemble pour les faire connaître. C’est ce qu’on essaye de faire tous ensemble.

Cela permet de faire connaître les solutions les plus efficaces et éviter que les personnes qui veulent s’équiper prennent l’offre de base proposée par la Maison de l’Autonomie ou le CLIC.

Quelles sont vos ambitions de développement géographique ?

L’accélération est un axe de réflexion stratégique à moyen terme. Pour le moment, nous sommes encore dans une phase d’analyse exploratoire. Nous préférons rester sur un nombre limité de personnes pour conserver le lien mensuel. Nous travaillons sur la qualité d’une solution en associant humain et technologie. Cela demande des moyens locaux. Nous tenons à comprendre les leviers sur le proche, sur le choix de la solution avant de le faire à l’étranger et même avec d’autres acteurs en France. Je ne crois pas au modèle B to B to C sur quelque chose qu’on n’ est pas arrivés à faire de manière efficace soi-même. Actuellement, nous essayons d’apprendre de nos clients et préférons garder la main sur la commercialisation et la relation client.

Pour en savoir plus sur le Service Vigilant de Prédical, vous pouvez consulter le site web de la société.

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