Guillaume Desnoes : La mission de l’entrepreneur

Guillaume Desnoes UnPacte

On connait Guillaume Desnoes l’entrepreneur et co-fondateur d’Alenvi, le militant engagé, le promoteur du modèle Buurtzorg. On pourra désormais ajouter Guillaume Desnoes, l’auteur. Début 2021, il publie UnPacte, un essai programmatique où il soutient que les entrepreneurs devraient avoir une démarche cohérente pour rendre leur entreprise contributive, en ne se concentrant pas uniquement sur le profit. Sweet Home a souhaité en savoir plus auprès de l’auteur sur les fondements de ce pacte de l’entrepreneur.

Interview réalisée en visioconférence le 3 février 2021

Alexandre Faure : Bonjour Guillaume, dans UnPacte, tu soutiens que les entrepreneurs devraient avoir une démarche cohérente pour rendre leur entreprise contributive, en ne se concentrant pas uniquement sur le profit, qu’entends-tu exactement par « cohérente » ? 

Guillaume Desnoes : Il y a trois mouvements qui contribuent à l’impact positif d’une entreprise. Le premier, c’est l’entreprise libérée. Le deuxième, autour de la gouvernance, c’est tout le mouvement de l’économie solidaire, le mouvement des sociétés à mission. Le troisième, on le voit beaucoup en ce moment dans la Tech où il y a tout un mouvement Tech for Good où on est principalement concentré sur l’atteinte d’objectifs d’impacts qui doivent être reliés aux ODD, etc.

Si je suis un dirigeant ou une dirigeante d’entreprise, quelle ambiance de travail ai-je envie de créer ? à quel point ai-je envie de favoriser la création de relations bienveillantes, empathiques, de respecter l’épanouissement professionnel et personnel de mes salariés ? Ça, c’est la première dimension. J’appelle cela l’entrepreneuriat moral dans le livre.

La deuxième, c’est la gouvernance. Je pense qu’il faut réfléchir aujourd’hui, par rapport aux objectifs qu’on veut atteindre, quel statut d’entreprise on veut choisir. La société à mission, pour moi, est un superbe outil, qui demande à être amélioré sans doute, mais qui est déjà un superbe outil.

Et puis enfin, il faut vraiment réfléchir aux impacts, ne pas regarder que le compte de résultat, si on veut que l’entreprise participe à la résolution de problèmes sociaux et sociétaux. 

Je pense que parfois, certaines chapelles ont tendance à ne se concentrer que sur l’un. Ce que j’observe, c’est que les entreprises libérées, c’est génial, mais — ce n’est pas très politiquement correct de le dire — il existe un cimetière d’entreprises libérées.

Ce sont des entreprises qui ont eu à un moment donné, un manager visionnaire, bienveillant, mais qui a été remis en cause du jour au lendemain par un actionnaire. Dans le monde de l’économie sociale et solidaire, nous savons tous qu’il existe des coopératives qui ne s’illustrent pas forcément par leur impact ou leur dialogue social.

« Le statut ne fait pas complètement la vertu »

Et la mesure d’impact peut être sujette à débat. On le voit aujourd’hui : est-ce que faire des voitures électriques, c’est bien ? En fait, ce n’est pas si simple, parce que les voitures électriques, est-ce qu’elles sont sobres ou est-ce qu’elles sont aussi lourdes et est-ce qu’elles ne sont pas chargées en métaux rares ? Est-ce que, finalement, il n’y a pas des effets rebond, parce qu’à partir du moment où il n’y a plus de consommation d’énergie, les gens l’utilisent encore plus ? 

Tout cela fait qu’un indicateur, par nature, est toujours imparfait et à mon avis, il ne vaut que s’il est piloté par une gouvernance qui regroupe l’ensemble des parties prenantes.

Donc je pense qu’aujourd’hui, la population exprime des attentes fortes pour que les entrepreneurs et les entreprises soient une partie de la solution aux problèmes environnementaux et sociaux, voire sanitaires, et non plus une partie du problème. 

Et ça, pour le faire, il y a besoin d’une réflexion sur ces trois composantes de l’entrepreneuriat : le rôle moral, le rôle institutionnel avec la gouvernance, et le rôle économique-impact avec la mesure. Je vais même plus loin, je m’interroge aussi dans ce livre sur pourquoi la société a renoncé à — imposer, c’est un mot qu’on n’aime pas — mais à formaliser un cadre dans lequel la liberté d’entreprendre s’exerce.

Je fais le parallèle avec le serment d’Hippocrate auquel on peut se référer. Tout le monde a le droit d’évaluer le rôle du médecin à l’aune de ce serment. Je pense que pour les entrepreneurs, on pourrait envisager quelque chose du même ordre. 

Le rôle du dirigeant d’entreprise

On pourrait, par exemple, acter le fait qu’un dirigeant d’entreprise doit se soucier de l’ensemble des parties prenantes, et pas uniquement des partenaires. 

Cela fait partie de son rôle. 

Il me semble que cette idée pourrait faire consensus politiquement. Je pense qu’on pourrait acter qu’il doit se soucier du développement professionnel et personnel de ses salariés et qu’il n’a pas le droit de créer un cadre qui nuise profondément à ça, même s’il est légal. Et troisièmement, je pense qu’on pourrait aussi acter que l’empreinte sur l’environnement de l’activité économique qu’il développe doit être neutre, voire positive.

Évidemment, il faudra des lois, mais je pense que ça ne se résout pas que par la loi. Le cadre institutionnel et juridique ne résoudra pas tout et il faut aussi une charte d’engagement.

Le bon timing

Alexandre Faure : Quest-ce qui ta décidé à écrire ce livre maintenant ?

Guillaume Desnoës : Cela fait quatre ans et demi que j’ai créé Alenvi avec mes associés Thibault et Clément, et nous sommes au carrefour de différents mouvements qui cherchent à transformer le fonctionnement de l’entreprise, le monde de l’entreprise en général.

C’est d’un côté les gens qui misent à fond sur l’innovation managériale, et derrière c’est finalement l’empathie, la bienveillance dans les relations humaines au travail. C’est toute la mouvance de l’entreprise libérée, de l’holacratie dans laquelle nous nous inscrivons. Parce que nous sommes très inspirés de Buurtzorg, un des fers de lance de ce type de nouvelles organisations. 

Nous faisons aussi partie de l’économie sociale et solidaire, parce que nous avons un agrément ESUS. Nous sommes une des premières sociétés à mission, donc nous nous inscrivons aussi dans un mouvement de gens qui pensent que par de nouvelles formes de gouvernance, on rend les entreprises plus responsables, plus contributives.

Et enfin, nous sommes aussi impliqués dans la création de mesures d’impact extrafinancier. Nous avons même créé nous-mêmes un indice d’alignement humain avec le collectif L’Humain d’abord. L’idée, c’est de changer un peu le thermomètre, de regarder un peu des chiffres différents par rapport à l’impact que nous générons, ne pas regarder que l’impact économique pour diriger son entreprise, fonctionner différemment.

La raison d’être, pierre angulaire des sociétés à mission

Alexandre Faure : La raison d’être, cest la pierre angulaire des sociétés à mission, à quel moment chez Alenvi lavez-vous choisie et comment avez-vous fait pour l’écrire ? 

Guillaume Desnoës : Notre raison d’être, c’est : humaniser laccompagnement des personnes qui ont besoin daide et de soins en valorisant les professionnels et en réconciliant les enjeux humains et économiques du secteur. Donc, c’est un vaste programme.

Humaniser l’accompagnement, c’est quelque chose que nous nous disions souvent et qui résumait bien ce que nous voulions faire depuis le début. Il y avait une partie d’elle qui était un peu latente, qui servait déjà quasiment de termes en interne et un peu en externe. Après, quand nous avons voulu devenir une société à mission en 2019, nous nous sommes vraiment dit que concrètement, si nous devions la graver dans nos statuts, il fallait quand même réfléchir à cette phrase.

Et puis, nous ne voulions pas tomber dans deux biais qui étaient soit d’en faire un slogan — parce que ce n’est pas un slogan marketing — soit d’en faire un inventaire à la Prévert qui fasse une page, parce que l’idée de la raison d’être, c’est qu’on puisse se l’approprier. N’importe qui, que ce soit un salarié, un client, un partenaire, un investisseur, peut à tout moment l’avoir en tête.

Lors d’une discussion soit stratégique, soit opérationnelle de tous les jours, puisse dire « là, on n’est pas en cohérence avec la raison d’être ». C’était un peu les exigences que nous nous étions fixées, sachant qu’il y a plusieurs écoles en matière de raison d’être. Il y en a qui font trois mots, d’autres qui font une page, d’autres qui font deux lignes comme la nôtre. 

Comment Alenvi a écrit sa raison d’être

Alexandre Faure : Comment vous y êtes-vous pris pour l’écrire ?

Guillaume Desnoes : nous avons fait des ateliers collectifs assez intéressants. Nous nous sommes mis autour de la table. Nous l’avons fait entre parties constituantes, c’est-à-dire salariés, mandataires sociaux et actionnaires.

C’était sympa de mettre autour de la table des auxiliaires de vie et des représentants de nos fonds d’investissement qui ne se croisent pas tous les jours, et de discuter ensemble de ce que nous voulions mettre dans cette raison d’être.

C’est ce que nous avons fait à deux occasions. Nous avions un comité de gouvernance partagée qui représentait les salariés, donc nous avons aussi impliqué la représentation des salariés dans ces choix. Nous avons fait beaucoup d’ateliers collaboratifs pour voir ce que nous voulions mettre dedans. Après, il y a quand même eu un effort de rédaction. Nous ne l’avons pas écrit ensemble, la rédaction s’est faite un peu à côté, mais en synthétisant tous les apports de ces réunions, et ensuite, nous l’avons fait valider.

Après, il y a différentes écoles. Il y a des entreprises qui consultent très largement jusqu’à leurs clients et plein de gens, et d’autres qui considèrent que c’est la prérogative des dirigeants que d’écrire la raison d’être. Le consensus, c’est plutôt que ça doit être une démarche collective, c’est un sous-jacent qui paraît assez clair.

A quoi sert la raison d’être ?

Alexandre Faure : Cest aussi à cela que sert la vision. Quand on se pose une question, quon ne sait pas comment arbitrer, la raison d’être et la vision permettent de faire larbitrage entre deux possibilités pour prendre une décision. Et elles aident tout salarié de lentreprise à le faire. Ce nest pas une intention gravée à lentrée et reprise sur les documents officiels. Est-ce aussi comme cela que vous la pensez, vous ?

Guillaume Desnoës : Oui, c’est complètement comme ça que nous la pensons. Deux réflexions par rapport à ça. La première, c’est qu’une raison d’être, ce n’est pas une cause, il me semble. C’est-à-dire que résoudre la faim dans le monde, pour moi, ce n’est pas une raison d’être, c’est une cause. Plein de gens s’attèlent à ce problème de différentes manières. Nous, dans notre raison d’être, l’idée, nous affirmons une forme de singularité. Ce qui légitime ton entreprise, c’est aussi qu’elle a une approche singulière d’un problème à résoudre et ce n’est pas juste l’énoncé d’un problème à résoudre. C’est un peu le biais dans lequel on peut tomber.

Je cite souvent des exemples opérationnels dans lesquels nous avons arbitré en fonction de la raison d’être. Le premier, ça peut être un choix assez stratégique qui a été de nous diversifier très vite dans la formation. Notre raison d’être nous place dans une position où notre objectif, ce n’est pas juste de faire une entreprise qui marche différemment ou mieux que les autres et de s’en gargariser, mais c’est vraiment de faire changer tout le secteur.

Raison d’être et ambition chez Alenvi

C’est ça, finalement, notre ambition que nous affirmons aussi dans notre raison d’être. Cela nous a amenés à lancer très vite des activités de formation. Tandis que le guide du bon entrepreneur efficace ne nous aurait pas forcément amenés à nous diversifier aussi tôt et aurait plutôt dit « concentre-toi sur le cœur d’activité ». Ça, nous l’avons fait plus par conviction, par rapport à notre raison d’être, que par conviction business au départ. Et finalement, c’est un très bon choix aussi au niveau business, puisque ça se développe fortement.

Un jour, nous nous sommes dit que nous en avions assez de faire des mots-clés sur Google, parce qu’en 23 signes, dire que nous sommes meilleurs que les autres, cela ne nous intéresse pas trop. Finalement, nous n’arrivons pas trop à mesurer l’impact. Nous savons que la moitié de l’argent que nous dépensons est inefficace, comme dans tout effort marketing, mais même l’inefficace n’apporte pas grand-chose. Nous avons pris la décision de faire du contenu à impact.

Faire parler les auxiliaires, les aidants familiaux, essayer de véhiculer une vision différente du métier, et au moins, la partie inefficace de notre investissement portera un message cohérent par rapport à notre raison d’être. Ce qui est intéressant, c’est qu’au départ, nous l’avons fait plutôt parce que nous étions concentrés sur le B2C, l’aide à domicile. Cela ne nous a pas apporté tant que ça, même assez peu de leads B2C, mais ça a contribué au développement de notre activité de formation B2B. Parce que ça a poussé le rayonnement d’Alenvi plutôt dans notre secteur auprès de nos confrères. Finalement, les conséquences n’étaient pas forcément celles qui étaient prévues.

Mais j’en suis assez convaincu, je pense que des choix, même très opérationnels, poussés par la cohérence, parfois te font gagner beaucoup de temps, parce que tu économises plein de calculs. Et ils ont aussi des conséquences positives qui ne sont pas forcément anticipables de manière extrêmement cartésienne. Mais qui obéissent à une logique de mise en cohérence qui, à mon avis en plus, est une attente tellement forte de la part des clients, des salariés, que c’est un choix qui est souvent gagnant.

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Raison d’être et recrutement

Alexandre Faure : Dans vos recrutements, avez-vous le sentiment que ça a une importance pour vos auxiliaires de vie d’être chez Alenvi plutôt que chez un concurrent ?

Guillaume Desnoës : Oui, complètement. Nous le mesurons de différentes manières, par l’indice d’alignement humain notamment. Nous voyons les réponses, oui, ça change tout. Après, il faudrait les interroger. Si d’ailleurs un jour ça t’intéresse, ce serait intéressant, mais ça change tout d’avoir de l’autonomie dans son travail, de pouvoir soi-même faire son planning, la perception qu’on a de son métier, le vécu. C’est vrai chez les auxiliaires de vie et c’est vrai aussi dans tout le reste du staff. Aujourd’hui, nous attirons des gens incroyablement engagés qui d’ailleurs, par rapport à tout le contexte de télétravail, ou le contexte sanitaire pour les auxiliaires de vie, ont démontré une résilience et un engagement assez incroyable. Nous n’avons pas à nous plaindre à ce niveau-là.

Quel impact pour UnPacte ?

couverture du livre unpacte de guillaume desnoes
La couverture du livre UnPacte

Alexandre Faure : Pour reboucler sur le livre, en matière de conclusion, est-ce que laccueil public correspond à ce à quoi tu tattendais ?

Guillaume Desnoës : Oui, il est accueilli favorablement. C’est quand même des questions qui sont dans l’air du temps. Ce que je ressens, c’est que sur le côté serment, morale, je jette un peu des pavés dans la mare. Donc, c’est intéressant, ça crée des débats sur dire : est-ce que finalement, on doit cadrer collectivement la morale de l’entrepreneur ? Comme on donne des cours de morale dans les écoles républicaines, pourquoi n’y a-t-il pas une morale de l’entrepreneur ? Cette question interroge, parce qu’on a plutôt une vision de l’entrepreneur qui a ses propres valeurs et qui définit son entreprise par rapport à ses propres valeurs. Donc, c’est un beau débat, à mon avis.

Et puis, il y a toute une partie sur la société à mission où honnêtement, je pousse des idées qui sont dans l’air du temps quand je dis que tout le secteur de l’économie de la vie (éducation, alimentation, santé, accompagnement du grand âge) devrait être organisé en société à mission. C’est une idée qui fait son chemin et que nous poussons depuis longtemps chez Alenvi.

Elle a été reprise dans le rapport Bonnell-Ruffin sur les métiers du lien. Récemment, le patron d’un groupe de santé, Vivalto, a annoncé qu’il devenait société à mission et a dit « je pense que tout le monde devrait devenir société à mission ». Je sais que beaucoup de grands groupes d’EHPAD réfléchissent très fortement à devenir sociétés à mission.

Je pense que toute l’économie de la vie, pour reprendre le terme de Jacques Attali, sera société à mission, que ce sera une exigence de la population. 

J’appuie sur des éléments qui sont déjà dans l’air du temps, donc c’est très bien accueilli et tant mieux. J’essaie de donner une vision un peu globale, encore une fois sur les trois sujets : management, gouvernance et mesure de l’impact, rôle économique. Je suis assez confiant, et en tout cas, en ce moment, les sociétés à mission sont vraiment en train de décoller.

Je le vois de ma fenêtre de la Communauté des entreprises à mission : toutes les semaines, il y a de nouvelles sociétés à mission qui se créent. Je pense qu’il y a un boulot de pédagogie à faire, j’espère que mon livre y participe. Ce qui est important, à mon avis, dans notre secteur, c’est que les EHPAD y aillent collectivement, parce qu’il y a un vrai sujet. Une société à mission, à tort, a pu être vue comme une sorte de brevet de vertu qu’on s’arrogerait.

A partir du moment où on est société à mission, tout ce qu’on fait et qui peut être contestable va nous être reproché. C’est le cas de Danone qui supprime des postes et qui est société à mission en même temps. Cela a donné lieu à des débats où se sont exprimés tous les gens qui considèrent que les sociétés à mission, c’est du mission washing. Qu’un patron est là pour exploiter, donc que les sociétés à mission ne servent à rien. A l’inverse, tous les gens qui ne veulent pas qu’il y ait de sociétés à mission, parce qu’ils pensent que l’entreprise doit vraiment rester dans son rôle. De servir l’actionnaire et qu’elle n’a pas besoin de servir toutes les parties prenantes.

Aujourd’hui, dans notre secteur, peut-être qu’il n’y aura pas besoin de loi, et tant mieux, mais il faudrait que tout le monde y aille en même temps. Si un groupe d’EHPAD devient société à mission, dès qu’il y aura un problème sanitaire, de dialogue social ou autres, on va lui dire que c’est une contradiction par rapport au fait qu’il soit société à mission. Ce qui montre sans doute que la société à mission fonctionne, parce que ça permet une mise en dialogue quand il y a un problème. Je pense que tout le secteur a intérêt à y passer, parce que ça permettrait d’avoir des gouvernances plus au service de l’ensemble des parties prenantes.

Avec les contradictions inhérentes au fait de faire de la rentabilité tout en accompagnant bien les personnes âgées, tout en fournissant un cadre de travail valorisant aux professionnels, forcément il y a des tensions, mais que ces tensions puissent être discutées au grand jour dans des espaces de gouvernance, comme le comité de mission, plutôt qu’assumées par des dirigeants qui, à mon avis, sont parfois dans des situations compliquées d’assumer ces contradictions.

UnPacte, et après ?

Alexandre Faure : Aujourdhui, tu as écrit le livre, cest vraiment une conviction forte, est-ce que tu veux lutiliser un peu comme fer de lance pour une action plus politique au sens large ?

Guillaume Desnoës : Je vois que l’idée du serment parle à pas mal de gens, donc peut-être que nous allons nous mettre à plusieurs pour essayer de faire un peu d’intelligence collective pour le créer. Je pense que c’est quelque chose qui va se faire à un moment. J’attends le bon moment de sentir qu’il y a suffisamment de gens motivés. Après, le reste, tant mieux si ça fait écho.

On va dire que mon action militante, pour l’instant, s’inscrit dans le cadre de la Communauté des entreprises à mission où nous développons pas mal de ces idées. L’idée, c’est que tout le monde puisse s’en emparer, et puis on verra bien ce qui se passera par la suite. Mais comme souvent, je pense que la majorité des choses peuvent être faites sans forcément qu’il y ait de loi ou de choses qui se passent vraiment au niveau politique.

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