Le régime parfait pourrait augmenter la longévité de 13 ans !

Régime parfait ? Des scientifiques norvégiens ont construit un modèle qui prédit l’effet de divers changements alimentaires sur la durée de vie humaine.

L’alimentation est un facteur de santé majeur, mais quantifier son impact n’est pas aisé. Puisqu’il est pratiquement impossible de mener une étude contrôlée sur la façon dont un type particulier d’aliment affecte la santé à long terme, les scientifiques doivent recourir à des études de population, qui sont en proie à l’abondance de facteurs de confusion. D’un autre côté, le grand nombre d’études sur l’alimentation de la population pourrait compenser leurs imperfections. Lorsque des dizaines d’études et de méta-analyses pointent dans une direction, nous devrions y prêter attention.

La méta-méta analyse du régime parfait

Cette nouvelle étude utilise de nombreuses méta-analyses, ainsi que les données de la vaste étude Global Burden of Disease (GBD) achevée en 2019, pour estimer l’impact de divers changements alimentaires sur la durée de vie humaine.

Le régime parfait ?

Dans un premier temps, les chercheurs ont établi un « régime occidental » typique, basé sur les mêmes études de population, puis ont construit un modèle qui estime l’effet de divers changements de ce régime qui sont commencés à l’âge de 20, 60 ou 80 ans.

L’apport des graines et légumineuses

Selon le modèle, si vous êtes une femme de 20 ans, l’augmentation de la consommation de graines de 50 grammes (régime occidental de base) à 225 grammes par jour prolonge votre espérance de vie de deux ans. Une augmentation de la consommation de légumineuses de 0 à 200 grammes par jour entraîne une prolongation encore plus substantielle de 2,2 ans, et l’augmentation de la consommation de noix de 0 à seulement 25 grammes par jour vous donne 1,7 année de vie supplémentaire ; bien sûr, très peu de gens consomment exactement zéro légumineuses et noix.

Les renoncements qui font du bien

Il y a aussi des gains à faire en diminuant la consommation de certains aliments, y compris la viande rouge et la viande transformée, qui ont été systématiquement signalés comme nocifs. Selon ce modèle, réduire la consommation des niveaux occidentaux moyens (100 grammes et 50 grammes par jour, respectivement) à zéro donne 1,6 année de vie supplémentaire.

D’autre part, l’augmentation de la consommation quotidienne de poisson de 50 à 200 grammes augmente la durée de vie de 0,5 an. Des gains importants peuvent également être obtenus en réduisant les céréales raffinées, les boissons sucrées et les œufs. Le lait et la viande blanche ont peu d’effet sur la durée de vie.

Les effets moindres

Manger plus de fruits et de légumes est également une bonne idée, mais les gains sont moindres, car les chercheurs ont calculé des quantités de base relativement élevées. Manger plus de fruits (400 grammes au lieu de 200 grammes par jour) augmente la durée de vie de 0,4 an, et plus de légumes (400 grammes au lieu de 250 grammes) de 0,3 an. Les résultats pour les hommes ressemblent beaucoup à ceux des femmes mais sont légèrement plus prononcés.

Les résultats du régime parfait

Globalement, les chercheurs estiment qu’en suivant ce qu’ils appellent « le régime optimisé », une femme de 20 ans peut augmenter son espérance de vie de 10,7 ans, et un homme de 20 ans peut augmenter la sienne de 13 ans. S’il est commencé à 60 ans, le régime optimisé augmente la durée de vie de 8 et 8,8 ans, respectivement, et s’il est commencé à 80 ans, les deux sexes bénéficieraient d’une augmentation de 3,4 ans. Les chercheurs ont également conçu « le régime réalisable », qui permet d’allonger considérablement la durée de vie grâce à des changements moins drastiques.

Pris au pied de la lettre, ces résultats positionnent une alimentation saine comme la meilleure intervention géroprotectrice disponible aujourd’hui. Les chercheurs ont franchi une étape supplémentaire et ont développé un outil en ligne qui aide à calculer les gains de durée de vie que vous pouvez obtenir en apportant des changements alimentaires spécifiques. Voici les gains en durée de vie pour les femmes de 20 ans (à gauche) et les hommes.

Je ne sais pas si c'est un régime parfait, mais ça donne très envie de passer à table.
A table, le piment est servi !

Mieux vaut tard que jamais

Les résultats semblent encourageants, mais ils sont basés sur des études de population, une méthodologie spécifique et des hypothèses qui peuvent ou non être correctes. Par exemple, les chercheurs supposent que « le temps de plein effet », qui représente le début d’un changement alimentaire jusqu’à ce qu’il cesse d’ajouter des années à la durée de vie, est de 10 ans. Bien que cette hypothèse soit basée sur les données disponibles, les auteurs admettent qu’ils pourraient se tromper.

D’un autre côté, l’étude cadre bien avec les recherches précédentes. Fait intéressant, les scientifiques trouvent lentement des preuves biologiques qui étayent certaines (mais pas toutes) des études populationnelles sur l’alimentation. À titre d’exemple, récemment, une signature mutationnelle génétique a été découverte qui relie fermement la viande rouge transformée et non transformée au cancer colorectal – ce que les études de population suggèrent depuis longtemps.

A lire aussi : Etude sur l’effet du jeune intermittent sur la longévité

Un autre enseignement majeur de l’étude est que s’il est préférable de commencer à manger sainement le plus tôt possible, il n’est jamais trop tard, les gains de durée de vie restant très substantiels même pour les personnes de 60 ans.

Conclusion

On est encore loin du régime parfait, mais cette étude est probablement la première à proposer un modèle qui calcule les gains de durée de vie à partir de plusieurs interventions alimentaires, une entreprise intrigante qui pourrait devenir une base pour de futures recherches.

A propos de l’auteur

Cet article écrit par Arkadi Mazin a été publié le 20 mai 2022 sur Lifespan.io. Lien vers l’article original.

Bibliographie

[1] Fadnes, L. T., Økland, J. M., Haaland, Ø. A., & Johansson, K. A. (2022). Estimating impact of food choices on life expectancy: A modeling study. PLoS medicine19(2), e1003889.

[2] Pan, A., Sun, Q., Bernstein, A. M., Schulze, M. B., Manson, J. E., Stampfer, M. J., … & Hu, F. B. (2012). Red meat consumption and mortality: results from 2 prospective cohort studies. Archives of internal medicine172(7), 555-563.

[3] Gurjao, C., Zhong, R., Haruki, K., Li, Y. Y., Spurr, L. F., Lee-Six, H., … & Giannakis, M. (2021). Discovery and features of an alkylating signature in colorectal cancer. Cancer discovery11(10), 2446-2455.

Vous avez aimé cet article ? Vous avez appris des choses ?

Savez-vous que nous publions un nouveau contenu chaque semaine ?

En le lisant, vous prendrez de l’avance sur vos concurrents sans avoir à réaliser une veille fastidieuse…. puisque nous la ferons pour vous !

Pour bénéficier de ce contenu c’est simple : rejoignez notre liste de diffusion exclusive en inscrivant votre email ci-dessous.

Ou… découvrez les derniers numéros de Longévité en visitant cette page de présentation.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Retour haut de page