Tous égaux face au coronavirus ?

Sommes-nous tous égaux face au coronavirus ?

Article Actualisé le 14.03.2020

Au 6 mars 2020 en France, neuf personnes atteintes du coronavirus sont décédées à l’hôpital.

Connaissez-vous leur point commun ?

Tous les malades que le coronavirus a tué étaient âgés de plus de 60 ans.

En outre, 8 morts sur 9 sont des hommes et ils sont tous décédés à l’hôpital.

Le lieu du décès est important

Au stade critique, le coronavirus provoque une insuffisance respiratoire. On soigne cette insuffisance en plaçant le malade sous oxygènes dans un service de réanimation où il est sous surveillance constante.

Le risque de mourir dans de telles conditions est beaucoup plus faible que pour un malade non hospitalisé.

Une étude réalisée sur les malades en Chine apporte des éclairages capitaux sur le coronavirus. Je vous propose une analyse des points clés :

  1. Tous les malades décédés étaient atteints d’un coronavirus au stade critique mais seuls 4,5% des malades ont atteint le stade critique.
  2. Le taux de mortalité augmente avec l’âge. Plus on est vieux, plus le risque de décès est élevé.
  3. Les maladies chroniques et certains profils (les fumeurs) sont plus susceptible d’attraper le virus et d’en mourir.

J’ai réalisé cet article à partir de l’étude publiée le Chinese Center For Deseease Control and Prenvention (CCDC) en février 2020.

Les malades décédés avaient un coronavirus critique

Le Covid 19 au stade critique nécessite une mise sous oxygène…. et donc une hospitalisation et une surveillance constante dans un service de réanimation ou de soins intensifs.  

Comme pour la pneumonie « basse », la mort survient à cause de l’insuffisance respiratoire : le taux d’oxygène dans le sang diminue, la mort survient. 

Puisque la Chine est le pays où est apparu le virus, il est probable que les malades n’aient pas réagi aussi rapidement qu’en France, où nous pouvons difficilement ignorer l’épidémie ! 

Ces malades sont peut être morts chez eux, dans des conditions de prise en charge insuffisantes eu égard à la gravité de la maladie. Une hospitalisation aurait pu sauver une partie de ces victimes.

Le taux de mortalité (49% des malades en stade critique) sera-t-il plus bas dans des pays mieux préparés au COVID-19, l’avenir nous le dira mais on peut supposer que oui.

Par exemple, en France, tous les malades décédés étaient au stade critique, hospitalisés dans un service de réanimation. Dans les semaines et les mois qui viennent, nous pourront évaluer le taux de mortalité et de survie des malades en stade critique en France et le comparer au taux Chinois.

Les chinois ont identifié trois degrés de gravité de la maladie : moyen, sévère et aigu. 

Selon l’étude des cas chinoise, seulement 4,7% des victimes étaient atteintes de la forme aiguë de la maladie et il n’y a que les personnes atteintes de la forme aigüe qui risquent d’en mourir (dans 1 cas sur deux, tout de même). 

Dans le tableau ci-dessous, la première colonne indique le nombre de malades par niveau de sévérité, la deuxième le nombre de morts, la troisième le taux de mortalité pour les trois niveaux de sévérité de la maladie. 

Coronavirus : Dans le tableau, la première colonne de chiffres indique le nombre de malades, la deuxième le nombre de morts, la troisième le taux de mortalité pour les trois niveaux de sévérité de la maladie.
Source : Chinese Center for disease control and prevention (2020)

Le coronavirus tue uniquement les personnes âgées

En Chine, 75% des victimes mortelles du coronavirus ont plus de 60 ans. Et pourtant, seulement 1/3 des malades sont dans cette tranche d’âge.

Le bilan est encore plus aigu en France où 100% des victimes mortelles du coronavirus avaient plus de 60 ans !

Au 6 mars, voici le profil des 9 morts français :

  • Un homme de 70 ans dans l’Oise. Celui-ci était hospitalisé depuis le 1er mars à Senlis.
  • Un homme de 94 ans dans l’Oise. Celui-ci avait été pris en charge à l’hôpital de Creil le 1er mars. 
  • Un homme de 79 ans décédé au CHU de Lille. Ce patient vivait dans un EHPAD de Crépy-en-Valois dans l’Oise. Il avait été hospitalisé à Compiègne pour une infection respiratoire aiguë le 28 février. Deux jours plus tard, il avait été transféré au centre hospitalier de Lille suite à l’aggravation de son état de santé.
  • Un homme de 73 ans de l’Oise. Celui-ci vivait à Crépy-en-Valois dans l’Oise. Dépisté positif le 29 février, il a été transféré dans une clinique de Compiègne puis hospitalisé au CHU d’Amiens en raison de l’aggravation de son état de santé.
  • Un homme de 63 ans de l’Aisne. Celui-ci était originaire de Villers-Cotterêts dans l’Aisne. Il a dans un premier temps été admis à l’hôpital de Soisons le 29 février avant de mourir cinq jours plus tard, le 5 mars.
  • Un homme de 92 ans du Morbihan. Celui-ci est mort à l’hôpital de Vannes où il était en réanimation mardi 3 mars. Il faisait partie du regroupement de cas du Morbihan, indiquent les autorités sanitaires.
  • Une femme de 89 ans dans l’Oise. Originaire de Crépy-en-Valois, cette femme avait « d’autres pathologies », selon la direction générale de la Santé. Son décès a été annoncé le 2 mars. Elle a été testée en post-mortem à l’hôpital de Compiègne.
  • Un homme de 60 ans dans l’Oise. Ce patient est le premier Français décédé du coronavirus. Il n’avait pas voyagé dans une zone contaminée par le Covid 19. Il était professeur de français dans un collège de Crépy-en-Vaois dans l’Oise. Son décès remonte au 26 février à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris.
  • Un Chinois de 81 ans à Paris. Ce touriste chinois est la première victime du coronavirus sur le sol français et la première victime en Europe. Il était arrivé de Chine le 23 janvier et avait été hospitalisé avec de la fièvre, sans toux, ni signe respiratoire. Il a ensuite développé des problèmes respiratoires. Admis en réanimation à l’hôpital Bichat à Paris, il est décédé le 14 février.

Source : La Dépêche.fr.

Les victimes mortelles du coronavirus sont des personnes âgées alors même qu’elles ne représentent pas la majorité des personnes atteintes par le virus. 

Les personnes âgées représentent un tiers des contaminés par le coronavirus mais les 3 quarts des victimes

La Chine déplore 1023 morts. 

Il n’y aucun mort parmi les malades âgés de 0 à 9 ans. Entre 10 et 39 ans, le taux de mortalité est de 0.2%. Il passe à 3.9% pour les malades âgés de 60 à 69 ans, grimpe à 8% pour les 70 à 79 ans et atteint 14;8% pour les plus de 80 ans. 

Les personnes fragilisées par une maladie chroniques sont plus menacées par le COVID-19

Les personnes souffrant de maladies chroniques sont plus vulnérables au coronavirus. Le rapport chinois cite notamment le diabète, l’hypertension, les maladies respiratoires ou cardiovasculaires.

Le covid-19 et les maladies chroniques.
Source : Chinese Center for disease control and prevention

Le risque de développer une pneumonie sévère est particulièrement élevé lorsque le patient est fragilisé par certaines comorbidités : pathologies respiratoires et cardio-vasculaires chroniques, cancer, prise de traitements immunosuppresseurs comme les anticancéreux ou les traitements antirejets chez les patients transplantés, etc. Plus l’âge d’un individu est avancé, plus son risque de présenter une ou plusieurs sources de vulnérabilités est grand.

Dans le cas du COVID-19, il apparait que la plupart des patients décédés de pneumonies causées par le SARS-CoV-2 (ou qui ont présenté des tableaux cliniques sévères) étaient effectivement porteurs de comorbidités ayant altéré leur réponse immunitaire et donc leur capacité à combattre le virus.

Dans leurs formes les plus graves, les pneumonies à SARS-CoV-2 sont responsables d’un tableau appelé syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), qui est associé à une mortalité allant de 30 à 50 %. Il s’agit d’une atteinte des 2 poumons avec une inflammation sévère entraînant la destruction des alvéoles pulmonaires ainsi qu’un œdème important.

Source : The Conversation.com

Pour le moment, le corps médical Français reste réservé car le nombre de cas dans l’hexagone est trop faible pour tirer des conclusions. 

En outre, les experts considèrent qu’il est trop tôt pour évaluer le taux de mortalité du virus ou les pathologies aggravantes.

Selon ces spécialistes, les évaluations réalisées à partir du ratio nombre de morts / nombre de malade ne seront fiables qu’à l’issue de l’épidémie, quand on pourra faire le compte de l’ensemble des personnes atteintes, guéries et décédées. 

Même si les maladies chroniques semblent accroitre le taux de mortalité, l’évaluation réalisée en Chine est incomplète : dans 60% des cas de décès, les autorités ne savaient pas si la victime souffrait de pathologies chroniques. 

Pour conclure

A mon avis, il est indispensable dès à présent de nous confiner, comme l’ont fait les Italiens car l’isolement social volontaire est le meilleur moyen de ralentir la propagation. Pour vous en convaincre, je vous recommande la lecture d’une analyse fine et complète réalisée par Thomas Pueyo et publiée sur Medium :

Les scientifiques et les autorités sanitaires sont sur le pont pour trouver une parade au coronavirus COVID-19. Pour le moment, il n’existe aucun vaccin ni traitement curatif. L’OMS a confirmé la pandémie le 13 mars 2020. Il s’agit à présent de faire barrage à la propagation afin d’éviter la saturation des hôpitaux le temps qu’un vaccin soit développé.

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