Qui veut vivre Ă©ternellement ? đź‘Ľ

longévité

Alors que les traitements anti âge fusent en tout sens et que la technologie biomĂ©dicale promet d’allonger la durĂ©e de vie des individus, peu de recherches explorent les attitudes envers cette prolongation de la vie. Une rĂ©cente enquĂŞte menĂ©e aux Etats-Unis (2021) s’est penchĂ©e sur la question suivante : est-ce que les individus veulent (vraiment) vivre le plus longtemps possible? Cette enquĂŞte sur les attitudes vis-Ă -vis de l’allongement de la vie a donnĂ© des rĂ©sultats apparemment contradictoires.

Allonger l’espĂ©rance de vie ne fait pas l’unanimitĂ© ?

Deux chercheurs de l’UniversitĂ© du Texas Ă  Tyler et du UT Southwestern Medical Center ont interrogĂ© environ 900 adultes. L’enquĂŞte porte sur les attitudes du public Ă  l’égard de l’allongement de la vie en poussant le paroxysme jusqu’au bout.

Ils ont demandĂ© aux participants : « Si les mĂ©decins dĂ©veloppaient un traitement qui vous permettait de stopper la vieillesse et de rester Ă  votre âge actuel, la prendriez-vous ? Â»

Ils ont Ă©galement demandĂ© aux participants l’âge le plus jeune et le plus âgĂ© auquel ils souhaiteraient rester le plus longtemps (en terme d’énergie, mental etc).

Les chercheurs expliquent que ce cadre a été conçu pour que le traitement paraisse légitime, efficace et sans effets secondaires.

Une pluralité opposée

L’enquĂŞte a utilisĂ© trois cohortes d’âge pour l’analyse. Les plus jeunes, âgĂ©s de 18 Ă  29 ans, Ă©taient des Ă©tudiants de premier cycle en psychologie. Les deux plus âgĂ©s (60 Ă  84 ans et 85 ans et plus) Ă©taient des « personnes âgĂ©es en bonne santĂ© vivant dans la communautĂ© Â».

La division des personnes âgĂ©es en deux groupes visait Ă  saisir les diffĂ©rentes prĂ©occupations concernant la vieillesse et la mort.  Les personnes du groupe des adultes plus jeunes n’avaient pas encore atteint la durĂ©e de vie moyenne. Et donc pouvaient s’attendre Ă  vivre plus longtemps. Tandis que les personnes âgĂ©es « ont probablement moins d’horizon temporel », comme le disent les auteurs.

Les trois cohortes d’âge ne diffĂ©raient pas significativement dans leurs rĂ©ponses Ă  la question. Dans chaque groupe, environ 1/3 seulement des participants ont dĂ©clarĂ© qu’ils prendraient le traitement. Environ 1/4 n’Ă©tait pas sĂ»r. Le reste – environ la moitiĂ© – a dĂ©clarĂ© qu’ils ne prendraient pas de traitement de prolongation de la vie.

Les résultats de l’enquête

Si un traitement de prolongation de la vie devenait disponible et arrĂŞtait efficacement le vieillissement, les jeunes adultes pourraient ĂŞtre susceptibles d’utiliser un tel traitement. Ils n’attendraient l’âge que les cohortes plus âgĂ©es prĂ©fères pour vivre plus longtemps.

Cela voudrait dire que les jeunes adultes pourraient passer à côté. Ils choisirraient d’arrêter de vieillir avant d’avoir atteint l’âge que les adultes plus âgées considèrent comme optimal.

Qu’est-ce qui nous fait rĂ©flĂ©chir ?

Malheureusement, cette Ă©tude n’a pas cherchĂ© Ă  savoir pourquoi de nombreux participants Ă©taient opposĂ©s Ă  la prise d’une pilule de prolongation de la vie. Mis Ă  part la dĂ©claration selon laquelle « il est possible que des individus aient des inquiĂ©tudes concernant l’immortalitĂ© qui pourraient l’emporter sur leur anxiĂ©tĂ© de mort ».

Cependant, les proportions globales sont à peu près cohérentes avec celles rapportées dans une étude de 2011 sur des adultes australiens, et cette étude incluait des questions pour clarifier le raisonnement des participants.

Une enquête qui questionne les préoccupations liée à l’allongement de la vie

Dans une enquĂŞte menĂ©e auprès d’environ 600 adultes australiens rĂ©partis dans trois groupes d’âge (18-30 ; 31-50 ; 51+), environ 35% ont dĂ©clarĂ© qu’ils utiliseraient une technologie de prolongation de la vie si elle Ă©tait disponible. Cependant, 65% des rĂ©pondants soutiennent la recherche sur la longĂ©vitĂ©.

Une autre façon d’examiner ces rĂ©sultats est de dire que parmi les personnes qui ont soutenu le dĂ©veloppement de technologies de prolongation de la durĂ©e de vie, 52% les utiliseraient rĂ©ellement, tandis que 34% ne le feraient pas.

En incluant des questions sur l’enquĂŞte sur les problèmes moraux et Ă©thiques de la prolongation de la vie, ainsi que sur ses inconvĂ©nients et avantages personnels et sociĂ©taux, les chercheurs avaient collectĂ© des donnĂ©es pour les aider Ă  dĂ©mĂŞler ces rĂ©sultats.

Ils ont constatĂ© que 58 % des participants pensaient qu’il y avait des problèmes moraux ou Ă©thiques concernant l’allongement de la vie. Près de la moitiĂ© (47,8 %) pensaient que de telles technologies feraient plus de mal que de bien Ă  la sociĂ©tĂ©. 38,9 % pensaient que la prise de pilules d’allongement de la vie leur causerait plus de tort que de bien.

Pourquoi cette réticence à la longévité ?

Une analyse plus poussĂ©e des rĂ©ponses Ă  l’enquĂŞte a montrĂ© que les rĂ©ticences Ă©taient multiples.  Les plus grandes inquiĂ©tudes concernaient le caractère « naturel Â» de ces technologies permettant la prolongation de la vie.

Une explication partielle serait les recherches sur ces technologies sont perçues comme apparentées à des améliorations plutôt qu’à des traitements. Or, les enquêtes sur les améliorations pharmaceutiques font état d’une division similaire. Un soutien à la recherche combiné à une réticence à les utiliser.

Quel avenir pour les recherches sur la longévité ?

La recherche ne se déroule jamais dans le vide.

Comprendre l’attitude du public Ă  l’Ă©gard de la prolongation de la durĂ©e de vie est essentiel Ă  la fois pour garantir un soutien Ă  la recherche sur la longĂ©vitĂ© et, Ă  long terme, pour garantir que toutes les technologies rĂ©sultantes sont utilisĂ©es efficacement.

Malgré les plaidoyers continus sur la longévité, sur la base de ces deux enquêtes, cette dernière décennie n’a pas vu d’évolution envers l’extension de la vie. Cette question comporte encore beaucoup d’inquiétudes non résolues.

Il s’agit d’identifier les préoccupations qui doivent être abordées et répondues. Par exemple, pourquoi de nombreuses personnes pensent que l’allongement de la vie leur causerait plus de préjudices personnels que d’avantages ?

Les partisans de la longévité doivent essayer de comprendre le fondement de ces préoccupations et y répondre.

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Sources Bibliographiques

[1] Barnett, MD and Helphrey, JH. Who wants to live forever? Age cohort differences in attitudes towards life extension. Journal of Aging Studies (2021), doi: 10.1016/j.jaging.2021.100931

[2] Partridge, B, Lucke, J, Bartlett, H, and Hall, W. Public attitudes towards human life extension by intervening in aging. Journal of Aging Studies (2011), doi: 10.1016/j.jaging.2010.08.012

A propos de l’auteur

Cette publication Sweet Home est la traduction de Who Wants to Live Forever | Lifespan.io un article écrit par Sedeer el-Showk et publié sur Lifespan.io le 10 juin 2021.

Sedeer est devenu un Ă©crivain scientifique professionnel après avoir obtenu un diplĂ´me en biologie. Il Ă©crit Ă©galement de la poĂ©sie et du sff, et jongle en quelque sorte avec une liste toujours croissante de passe-temps, de la programmation au tricot en passant par le jardinage. La curiositĂ© Ă©ternelle et la bonne fortune l’ont emmenĂ© dans de nombreuses rĂ©gions du monde, mais il s’est installĂ© Ă  Helsinki, en Finlande pour le moment. Il espère qu’il ne cessera jamais d’apprendre de nouvelles choses.

Lifespan.io est une organisation de défense des droits à but non lucratif et un média couvrant la recherche sur le vieillissement et le rajeunissement.

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