confinement la galère des intervenants à domicile

La galère des aides à domicile pendant le confinement

Une enquête menée par Keradom met en évidence les conséquences du confinement pour les employés à domicile. Au premier plan, des lacunes du dispositif de chômage partiel, dont 40 % des sondés disent être privés.

Une activité fortement réduite

La première conséquence du confinement est une baisse notable de l’activité des employés à domicile, toutes professions confondues. Plus de la moitié des sondés (56 %) déclarent ne plus travailler du tout. Seule une très faible minorité (8 %) a conservé un niveau d’activité à 100 %. Les employés à domicile qui ont maintenu une activité, totale ou partielle, réalisent principalement de l’aide essentielle auprès de personnes âgées dépendantes (59 %) mais beaucoup déclarent réaliser encore des tâches non essentielles, de type ménage, jardinage, etc. (53 %).

Cette crise met en lumière la nécessité de mieux accompagner les employés à domicile au quotidien.

Lucas Fialaire
Co-fondateur de Keradom

Chômage partiel : un dispositif sous-utilisé

Un dispositif d’indemnisation exceptionnelle mis en place par Cesu et Pajemploi permet de rémunérer à hauteur de 80 % les heures prévues mais non réalisées en raison du confinement. Pourtant, plus de 4 employés à domicile sondés sur 10 n’ont pas bénéficié de ce chômage partiel. 

pour les heures réalisées en mars, êtes vous déclaré en chomage partiel ?
source : Keradom

Plusieurs facteurs expliquent ce chiffre :

  • Un délai de mise en œuvre plus long que pour le dispositif propre aux entreprises,
  • Un manque d’information claire à destination des employeurs comme de leurs salariés.

Dans ce contexte d’incertitude, des particuliers employeurs ont même engagé des procédures de licenciement après le début du confinement (concernant 5 % des sondés).

Sur le même thème : L’uberisation des services à la personne, par Guillaume Vanneste.

Le confinement, c’est des difficultés au quotidien

Interrogés sur les difficultés qu’ils rencontrent, les employés à domicile citent notamment :

  • La perte de revenus, “la peur de ne pas y arriver financièrement” ;
  • L’isolement, la frustration, “l’impression d’être inutile” ;
  • Le manque d’informations ;
  • Des relations compliquées avec leur employeur, qui “refuse de respecter le confinement” ou se montre “de mauvaise foi” : “Ils nous prennent pour des mouchoirs” se désole une aide-ménagère de l’Eure.

Ceux qui ont maintenu une activité, totale ou partielle, soulignent plus particulièrement la difficulté à obtenir un équipement adapté pour réaliser leurs interventions dans les conditions sanitaires requises : masque, gants, gel hydroalcoolique.

“Chaque jour j’ai peur de contaminer et d’être contaminée.”

Une aide à domicile de Dordogne

Au cœur des attentes : une plus grande sécurité juridique et financière

En premier lieu, les sondés réclament le respect du cadre légal.

  • 47 % citent “être mieux informé de mes droits”,
  • 41 % “que mes employeurs respectent mieux leurs obligations”.
  • 32 % souhaitent trouver de nouveaux employeurs.

Souvent confrontés à un relatif isolement du fait de leur statut, les employés à domicile interrogés déclarent vouloir bénéficier d’outils pour faciliter leur travail au quotidien (22 %) et échanger avec d’autres salariés à domicile près de chez eux (19 %). Ces difficultés ne semblent toutefois pas amener de remise en cause majeure : seulement 6 % des sondés sont prêts à renoncer à leur indépendance pour rejoindre un organisme prestataire, et 9 % déclarent vouloir changer de secteur d’activité.

Quelles sont vos attentes pour l'avenir ?
source : Keradom

Ils nous prennent pour des mouchoirs !

Une aide-ménagère de l’Eure

Un meilleur accompagnement des employés à domicile est nécessaire

Le confinement touche de plein fouet les employés à domicile. Les mesures d’indemnisation qui devaient permettre d’assurer le maintien d’un revenu partiel sont malheureusement mal comprises et mal appliquées, ce qui génère de nombreuses – et légitimes – inquiétudes. Les employés à domicile, qui restent attachés à leur indépendance, souhaitent pouvoir exercer leur métier dans des conditions plus favorables.

lucas fialaire

Lucas Fialaire, co-fondateur de Keradom, précise : “Cette crise met en lumière la nécessité de mieux accompagner les employés à domicile au quotidien. En veillant au respect du cadre légal et en leur fournissant des outils qui facilitent leur travail.

Selon Lucas Fialaire, CEO de Keradom, Cette crise met en lumière la nécessité de mieux accompagner les employés à domicile au quotidien. En veillant au respect du cadre légal et en leur fournissant des outils qui facilitent leur travail. Pour l’entrepreneur, il ne fait aucun doute que les particuliers employeurs y ont tout intérêt, car cette revalorisation de la profession permettrait d’améliorer la qualité des services rendus et de réduire le phénomène de turn-over des intervenants. Ces actions contribueront aussi à endiguer le recours au travail dissimulé.

Cette enquête de Keradom révèle des disparités inquiétantes dans les situations des intervenants à domicile. Il faut toutefois préciser qu’il y a deux cas de figure.

Les intervenants qui aident une personne âgée dépendante et isolée à son domicile et les autres.

Pour les seconds, la suspension pure et simple de leur activité pour cause de confinement devrait être la règle. Il est inquiétant que leurs employeurs ne le comprennent pas. Les intervenants qui aident et accompagnent les personnes âgées dépendantes sont en revanche essentiels pour la réussite du confinement.

Ils permettent à leurs bénéficiaires de rester à domicile et de se confiner.

Ils sont également essentiels pour la sortie d’hospitalisation. Ils prennent en charge les malades du covid dont l’état ne justifie plus un maintien à l’hôpital. Le système hospitalier doit accueillir en priorité les malades les plus graves. Il cherche à renvoyer à domicile tous les malades, même fragiles, dont l’état ne nécessite pas une hospitalisation. Ces malades ont besoin d’une aide et d’une assistance que les intervenants professionnels du care peuvent leur apporter. Dans les semaines qui viennent, ce rôle d’assistance aux plus fragiles va s’accentuer. Espérons que ce besoin vital permette aux intervenants à domicile de faire valoir leurs droits et de bénéficier d’une reconnaissance populaire et étatique qui ferait beaucoup de bien à la profession.

Commentaires

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Retour haut de page
%d blogueurs aiment cette page :