La constipation touche un senior sur trois

La constipation touche 1 senior sur 3

La constipation est un trouble de santé dont on parle peu. Cet article vous en explique les causes, les conséquences et les traitements envisageables. Il fait un focus sur la constipation induite par les opioïdes. Si nous vous en parlons, c’est parce que ce problème touche un tiers des seniors.

Pourquoi à votre avis parle-t-on si peu de la constipation ?

On parle peu de la constipation parce que c’est tabou.

Comme l’incontinence urinaire, les maladies vénériennes et les hémorroïdes, le sujet des selles est difficile à aborder.

C’est un trouble dont nous ne voulons pas parler parce qu’il y a une forme de honte à évoquer un problème de « tuyauterie », y compris devant un professionnel de santé qui en a vu d’autres.

Par peur du jugement, des dits et des non dits ?

J’ai moi-même du mal à trouver les mots justes pour exprimer le sujet par écrit, alors imaginez ce que ça peut-être difficile d’en parler, même au médecin !

J’ai réalisé une petite recherche sur le site Doctissimo.fr

Il y a 449 articles pour le mot clé constipation. C’est plus que Alzheimer (258 articles) ou dénutrition (109 articles), mais bien moins que incontinence urinaire (832 articles) ou dépression (920 articles).

Une recherche approfondie des thèmes des articles traitant de ce thème sur Doctissimo.fr révèle une prévalence des publications relatives à la constipation enfantine (un tiers des articles), la constipation de la femme enceinte ainsi que la constipation des animaux de compagnie !

On trouve également nombre de publications sur les régimes alimentaires et de médecine douce, mais rien de rien concernant le problème chez les personnes âgées.

Et pourtant, vous avez appris en lisant le titre de cet article que la constipation touche 1 senior sur 3.

Pourquoi un tel mutisme ?

Est-ce parce qu’il est aisé de traiter soi-même la constipation ?

Ou bien parce que la gène est plus facile à supporter que l’humiliation de devoir en parler ?

Conséquences de la constipation

En principe, la constipation ne risque pas d’évoluer de manière dangereuse, mais provoque un certain sentiment d’inconfort abdominal.

Parfois, un épisode de constipation aiguë peut cacher une occlusion intestinale. Dans ce cas, la personne n’émet plus de matières fécales ni de gaz. Il s’agit alors d’une urgence médicale.

Souvent, les épisodes de constipation sont suivis d’épisodes d’incontinence fécale, notamment chez la personne âgée, ce qui a pour effet de réduire son autonomie et de pénaliser sa vie sociale.

Et ne parlons pas (enfin si justement, parlons-en) des situations aggravées où, le laxatif ne faisant pas effet, il est nécessaire de procéder au débouchage mécanique, craint et honni de tous les soignants (et bien souvent dévolu à la malheureuse aide soignante de garde).

Nous avons brièvement abordé l’incontinence urinaire. Pour en savoir plus sur ce problème et sur la réponse apportée par une startup japonaise, découvrez notre article consacré à DFree.

La constipation touche 1 senior sur 3

La constipation touche 1 senior sur 3

La constipation touche tous les humains, mais elle est particulièrement fréquente chez les plus de soixante ans.

En effet, selon une récente étude réalisée par les laboratoires Kyowa Kirin, la constipation touche 33,5% des adultes de plus de soixante ans.

Faits générateurs de la constipation

De nombreux facteurs peuvent provoquer une constipation :

  • Une vie sédentaire,
  • Une diététique inadaptée, pauvre en fibres et en liquides,
  • Des phénomènes de « mécanique obstructive » qui se manifestent par un besoin d’aller à selle sans pouvoir faire sortir la selle ou la nécessité d’utiliser les doigts pour extraire les selles,
  • Une inertie du côlon (« intestin paresseux ») ou un syndrome de l’intestin irritable,
  • Une maladie métabolique ou endocrinienne (par exemple hypothyroïdie),
  • La prise de substances ou de médicaments qui influencent l’activité intestinale (opiacés, antidépresseurs, bêtabloquants, diurétiques, antihypertenseurs, compléments en fer)
  • Des maladies du côlon, du rectum ou du canal anal, notamment le cancer du côlon.

L’étude réalisée par Kyrin Kiowa révèle toutefois l’impact particulièrement significatif de la prise d’anti-douleurs modérés à puissants (les opioïdes).

Or, si les autres causes peuvent être traitées par une modification du régime alimentaire et de l’hygiène de vie, la constipation induite par les anti-douleurs ne disparait pas aussi aisément.

C’est malheureusement la cause principale de constipation chez la personne âgée.

Anti-douleurs et constipation

En effet, l’usage de ce type de médicament dans la prise en charge de la douleur est de plus en plus fréquent. Véritables traitements de référence, ils entrainent des effets secondaires indésirables parmi lesquels la constipation est le plus fréquent.

Elle est appelée constipation induite par les opioïdes (CIO), car elle est d’origine médicamenteuse et nécessite donc une prise en charge spécifique.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que tant que vous poursuivez votre traitement, vous en subirez l’effet secondaire. Or si vous prenez des anti-douleurs puissants, c’est pour faire passer une douleur aiguë.

Comme par exemple :

  • Les maux de tête,
  • La dorsalgie,
  • La sciatique,
  • Les douleurs cancéreuses,
  • Les douleurs post-opératoires,
  • Et toutes les douleurs modérées à intenses.

Les différents plans douleur ont permis une meilleure prise en charge de la douleur en France.

18,2% des Français ont bénéficié d’au moins une ordonnance de médicaments antalgiques opioïdes en 2015.

Si vous suivez un tel traitement, vous n’avez pas envie de le suspendre ou d’atténuer les prises médicamenteuses, au risque de souffrir davantage.

La constipation touche 1 senior sur 3

La constipation est l’effet indésirable le plus fréquent

La constipation est l’effet indésirable le plus fréquent de la prise d’opioïdes, loin devant la nausée, la somnolence ou la confusion.

Jusqu’à 94% des patients sous opioïdes sont touchés !

La cause ?

Les opioïdes jouent un rôle important dans la lutte contre la douleur chronique en se fixant sur les récepteurs mu présents dans le cerveau, mais aussi dans les intestins, raison pour laquelle les patients qui prennent ces opioïdes pour soulager leurs douleurs chroniques peuvent développer une CIO.

Mais comme nous l’avons expliqué en introduction, le problème est largement sous estimé puisque les malades n’en parlent pas.

Dans une récente enquête de 2016, 60% des 513 patients préféraient diminuer leur dose d’antalgiques à cause de la CIO.

D’autres allaient même jusqu’à arrêter le traitement de façon provisoire ou même définitive.

La CIO peut donc interférer avec la qualité de la prise en charge de la douleur du patient.

La prise de laxatifs est une option envisageable, dont la prescription concomittante à celle des anti-douleurs est recommandée, mais ce traitement curatif n’est efficace que dans 50% des cas.

C’est pourquoi un traitement spécifique et adapté est nécessaire pour ce type de constipation qui a une cause pharmacologique et non mécanique.

Une nouvelle approche thérapeutique de la constipation par les opioïdes

Jusque là ignorée ou méconnue, la constipation induite par les opioïdes fait depuis quelques années l’objet de recherches cliniques.

De nouvelles molécules ont été développées : Les PAMORA.

Les PAMORA ciblent spécifiquement les causes de la constipation induite par les opioïdes pour une efficacité rapide et permettent au patient une bonne observance de son traitement antalgique sans altérer sa qualité de vie.

Plus besoin de limiter les doses pour éviter la COI, le patient n’a plus à choisir entre avoir mal et être constipé.

Distributeur du Moventig, un traitement de la classe PAMORA, Kyowan Kirin lance en ce début d’année une campagne de sensibilisation à destination des patients des cabinets de médecine généraliste.

La campagne est présentée sous forme d’affichage que vous apercevrez peut-être dans la salle d’attente ou le cabinet de votre médecin traitant.

Affiche de sensibilisation sur la constipation
Télécharger l’affiche en cliquant sur l’image

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