tout savoir sur la téléassistance

Tout savoir sur la téléassistance

La téléassistance, c’est un système d’alerte pour personnes fragilisées. La téléassistance permet d’appeler au secours en cas de problème. C’est l’un des plus anciens systèmes technologiques dédié à la sécurité des personnes âgées. Nous vous en livrons tous les secrets aujourd’hui.

« Ma grand-mère a eu un bracelet de téléassistance mais elle l’enlevait la nuit. D’abord le truc était énorme et ça l’empêchait de dormir. Et puis elle ne voulait pas déranger le service support pendant la nuit. A chaque fois qu’elle tombait en allant aux toilettes, elle n’avait pas pris son bracelet et devait passer toute la nuit allongée par terre. »

Quiconque a été aidant d’une personne âgée a pratiqué de près ou de loin le célèbre bracelet avec son gros bouton rouge pour appeler à l’aide. Derrière cette image désuète et cette réputation malmenée par l’histoire de ma grand-mère, on trouve un système d’assistance simple et efficace : la téléassistance.

Le système de téléassistance se présente sous la forme d’un boitier relais relié à votre ligne téléphonique et un bouton d’appel. Le bouton d’appel est soit installé sur un boîtier mobile, soit sur des équipements qu’on porte sur soi.

Voici comment utiliser la téléassistance :

  1. En cas de besoin (chute, angoisse, accident), la personne presse le bouton,
  2. Elle est mise en relation avec un service d’assistance professionnel,
  3. Le service répond à la personne, la rassure et diagnostique le problème,
  4. Si nécessaire, le service d’assistance déclenche une intervention à domicile.

tout savoir sur la téléassistanceCrédit illustration : Filien ADMR

La téléassistance n’empêche pas les chutes.

Le risque de chute est toujours là. C’est le risque de chute non relevée qui est adressé par la téléassistance.

Dans 90% des situations, la chute n’est pas le problème. La personne âgée fait une chute molle en se retenant à un meuble ou un mur, ou tombe sur un sol souple. Le problème est qu’elle ne parvient pas à se relever seule et reste bloquée au sol. Comme l’explique le Docteur Jacquin Mourain dans notre article consacré aux chutes : même une chute sans gravité peut avoir des conséquences sur la santé et l’autonomie d’une personne âgée si elle est suivie par une longue station au sol.

Comment choisir le bon système de téléassistance ?

Les versions les plus efficientes sont celles que la personne âgée porte sur elle en permanence : soit en pendentif (pour les modèles les plus anciens), soit sur un bracelet.
Les premiers modèles étaient aussi encombrants que laids, la nouvelle génération de bracelets se distingue par des modèles légers, ergonomiques et discrets.

La téléassistance “classique” fonctionne en se couplant à votre système de téléphonie. Pour que cela fonctionne, il suffit d’avoir une ligne téléphonique terrestre ou GSM.
Les systèmes reposant uniquement sur la téléphonie terrestre (les lignes dites “fixes”) sont menacés d’obsolescence puisque les lignes télécom terrestre seront supprimés dans quelques années.

Toutefois, il reste encore aujourd’hui des zones du territoire où la couverture GSM n’est pas performante.

Avant d’équiper votre proche, assurez-vous que le système choisi est adapté à son domicile.

Des systèmes de nouvelles générations fonctionnent sur des réseaux à fréquences spécifiques qui peuvent être installés à peu près partout, y compris dans les zones hors couverture GSM. C’est le cas du réseau LoRa utilisé par la chaussure connecté e-vone que nous vous avons récemment présentée.

e-vone la chaussure connectée

Certains systèmes de téléassistance sont couplés à des détecteurs de chute.

Il peut s’agir d’un système embarqué dans le bracelet du bouton d’appel, fonctionnant avec un accéléromètre et un gyroscope. D’autres systèmes nécessitent l’installation de détecteurs fixes dans le domicile : détecteurs de mouvements, caméras, capteurs. Ces systèmes élaborés sont à réserver aux personne âgées sujettes à des pertes de connaissance fréquentes et à celles qui n’auront pas la présence d’esprit de presser le bouton d’appel. Par exemple les personnes diabétiques ou les malades d’Alzheimer.

Les professionnels déconseillent cette option pour les cas de perte d’autonomie légère. En effet, certains système de détection des chutes sont exagérément sensibles et déclenchent des alertes vers le service d’assistance de manière inopinée (ce qui peut accroître la gène du porteur et l’inciter à ne plus porter le bouton d’appel).

Si le principe de la tééassistance n’a pas évolué depuis sa création il y a plusieurs décennies, la R&D a fait d’énormes progrès pour rendre les systèmes plus pratiques et aider les personnes âgées à les accepter.

Les limites de la téléassistance : un recours souvent tardif

C’est un vrai problème en France : même si le système a démontré son efficacité, nos parents ne veulent pas en entendre parler.

Les personnes âgées refusent de porter un équipement de téléassistance en permanence :

  • Elles n’ont pas envie que leur entourage les perçoive comme diminuées.
  • Comme ma grand-mère, elles l’enlèvent la nuit car le bracelet les gène dans leur sommeil.
  • Soucieuses de ne pas l’abîmer, elles l’enlèvent pour bricoler ou jardiner.

Conséquence : le système d’alarme est seulement utilisé pour 30% des chutes. Si vous êtes plutôt du genre à regarder le verre à moitié plein, c’est 30% de chutes pour lesquelles la personne âgée a pu être secourue dans un délai raisonnable !

Les systèmes de téléassistance sont beaucoup mieux diffusés et acceptés en Angleterre et dans les pays d’Europe du Nord (Scandinavie, Pays-Bas, Allemagne).

Les raisons de cet écart géographique sont nombreuses et les avis des professionnels également :

  • Culturelle : Il s’agit d’une manifestation de la différence de perception du monde entre les anglo-saxons et les latins. Les premiers, plus rationnels, analysent les problèmes et y recherchent des solutions tandis que nous, latins, sommes plus dans la réaction et la correction.
  • Sociale : C’est la conséquence de l’efficacité de notre système de santé et de notre couverture sociale : puisque l’hôpital est gratuit, pas la peine de se prémunir contre un éventuel accident.
  • Politique : On peut aussi penser que le taux d’équipement en Angleterre est le résultat d’une politique plus volontariste des pouvoirs publics britanniques en faveur des systèmes de téléassistance.
  • Économique : Aux Pays-Bas et en Scandinavie, l’offre de téléassistance est portée par les compagnies d’assurance santé qui y voient un moyen de réduire les frais d’hospitalisation.

Tout système qui éviterait à votre proche âgé une chute, un accident et une hospitalisation est bon à prendre. En effet, l’hospitalisation d’une personne âgée coûte cher (à vous, à votre mutuelle, à la société). Il dure longtemps (le séjour moyen post chute pour une personne âgée est de dix jours). Il peut avoir des conséquences irréversibles sur l’autonomie de votre proche.

A quel moment doit-on équiper son proche en téléassistance ?

En termes de prévention, le plus tôt est toujours le mieux. L’idéal serait d’équiper vos parents dès qu’ils entrent dans l’âge de la fragilité. C’est à dire à partir de 75 ans. Malheureusement, la réalité du secteur c’est que les personnes âgées sont plutôt équipées entre 80 et 85 ans. Pour une durée moyenne d’abonnement de 2 ans et demi.

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Une hospitalisation suite à une chute avec longue station au sol dure en moyenne dix jours.

Aujourd’hui, dans 2 cas sur 3, vous équipez votre proche en téléassistance suite à une hospitalisation. C’est aussi à ce moment là que vous vous préoccupez de lui trouver une aide à domicile et un service de portage de repas, d’adapter son logement et de faire une demande d’APA.

Hélas, ces démarches prennent du temps et l’urgence n’est pas bonne conseillère. L’explosion de la silver économie et les chiffres alléchants du juteux marché de l’aide à domicile ont donné à quelques sociétés peu recommandables l’idée de proposer des services de troisième zone dissimulés derrière des sites internet clinquants propulsés dans les premier résultats de Google à coup de campagnes promotionnelles à gros budget. Fuyez ces services. Faites confiance aux professionnels du maintien à domicile. Contactez votre mutuelle, la caisse de retraite de vos parents ou Sweet Home pour vous aider à trouver des services sérieux et fiables.

Combien coûte la téléassistance ?

Pour le service de base : boitier télécom + bouton d’appel donnant accès à une assistance disponible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, l’abonnement mensuel ne doit pas dépasser 30 euros.

A noter : les frais de téléassistance sont éligibles au crédit d’impôt de 50% applicables aux dépenses de services à la personne.

Qui sont les acteurs de la téléassistance en France ?

On peut les classer en trois familles :

  • Les services associatifs : Des acteurs publics locaux qui développent une offre à destination de leurs administrés. Ces services ont l’avantage de la proximité mais l’inconvénient de l’obsolescence. Compte tenu du faible taux de rotation de leur matériel, ils n’ont pas les moyens de renouveler régulièrement leurs équipements. Ceux-ci sont donc un peu datés et obsolètes.
  • Les services commerciaux B to C : Des sociétés qui font de la vente directe aux particuliers, souvent via internet. Le meilleur y côtoie le pire et l’acheteur se doit d’être très vigilant sur les avantages réels de la solution. Notamment la disponibilité, l’efficacité et la réactivité du service d’assistance téléphonique qu’il est malheureusement très difficile de tester en amont.
  • Les services commerciaux B to B to C : Ces entreprises ont développé des services commercialisés par des relais professionnels, comme les mutuelles, les compagnies d’assurance, les caisses de retraite ou d’autres professionnels des personnes âgées. Par exemple, Prévifil qui distribue ses services aux adhérents des mutuelles santé dont il est le partenaire exclusif.

Téléassistance et domotique : un panorama des offres du futur

Une nouvelle génération d’acteurs développe des systèmes préventifs qui analysent l’activité des personnes âgées à partir de capteurs installés dans le domicile. L’objectif de ces systèmes est d’informer les proches de l’activité de leur parent mais surtout de détecter les comportements anormaux :

  • Une personne âgée qui ne dort pas assez,
  • Qui ne s’alimente plus ou qui ne boit pas assez,
  • Un logement trop chaud ou trop froid.

Si ces systèmes vous intéressent, je vous invite à lire notre article sur le Service Vigilant de Prédical. Cette société française développe un système d’analyse des routines à partir de capteurs de mouvement installés dans le logement de votre proche.

Une autre piste de recherche repose sur l’analyse des compteurs énergétiques et les informations qu’ils peuvent délivrer sur le comportement des habitants d’un logement :

Ces innovations peuvent paraître superflues ou intrusive à votre parent, mais vous, qu’en pensez-vous ?

Avec le changement de génération des personnes âgées fragilisées (75 ans et plus) et la généralisation de la domotique à moyen terme, on peut supposer que ces systèmes technologique, qui sont aujourd’hui regardés avec méfiance par nos aînés, feront leur entrée dans le quotidien des personnes âgées en améliorant grandement leur autonomie et leur confort.

En attendant cet avenir radieux, le bracelet avec bouton d’alarme est la solution de téléassistance la plus efficace et la plus économique du marché.

Remerciements

Ce dossier a été réalisé avec l’aimable et passionnant concours de Denis Clauzet, directeur général de Prévis. Sa société est le distributeur exclusif de Vitaris pour le marché des des mutuelles santé au travers de la marque Prévifil.

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